La Bretagne ne produit pas son énergie

La Bretagne ne produirait que 8,5% de son électricité, ce discours exclue volontairement la loire atlantique, car en la comptabilisant la Bretagne produit prêt de 38% de son électricité. La Région Bretagne a mis en place un plan afin d’atteindre en Bretagne administrative entre 30 et 40% de production de son électricité d’ici 2020, soit avec la Loire Atlantique plus de 60% de son electricité.

Dans le cas de cliché si l’on peut dire, il y a deux incohérences énormes.
– La première étant de pointer du doigt la Bretagne pour cela, la région parisienne ne produit que 11% de l’électricité qu’elle consomme (Source : ARENE, Agence Régionale de l’environnement et des nouvelles énergies), et personne n’en parle, pas plus qu’on ne parle du fait que la Région Parisienne ne produit absolument pas la nourriture qu’elle consomme, mais dans ce sens là ça ne pose pas de problème.
– La seconde, c’est que derrière cette question de l’indépendance énergétique se cache la problématique du modèle centralisateur français. On reproche ainsi aux Bretons de ne pas produire assez d’énergie, mais on ne leur donne pas le droit de la produire comme ils le souhaiteraient. Sans rentrer dans le débat opposant le nucléaire aux autres énergies, il est évident qu’on ne dispose pas des mêmes atouts naturels pour produire de l’électricité en Bretagne qu’en île de France ou en Auvergne. Là où la Bretagne pourrait être indépendante énergétiquement grâce à l’énergie hydraulique, hydrolienne, thermique, éolienne, ou encore grâce à la biomasse, on ne la laisse pas expérimenter et choisir.

Et pour conclure, signalons que les Bretons, en plus de produire plus d’électricité que l’île de France, sont plus économes et solidaires, le succès en Bretagne du Système Ecowatt pour limiter les pics de consommation et du système Voltalis pour diminuer sa consommation en sont des exemples frappants.

3 réactions sur “La Bretagne ne produit pas son énergie”

  • Reun Allain dit :

    Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

    Antoine Laurent de Lavoisier.

    Lavoisier est stigmatisé comme traître par les révolutionnaires en 1794 et guillotiné lors de la Terreur à Paris le 8 mai 1794, à l’âge de cinquante ans, en même temps que l’ensemble de ses collègues. Ayant demandé un sursis pour pouvoir achever une expérience, il s’entend répondre par Jean-Baptiste Coffinhal, le président du tribunal révolutionnaire : « La République n’a pas besoin de savants ni de chimistes » (Wikipedia)

    On peut reprendre à notre compte en Bretagne la célèbre maxime de Lavoisier. Au-delà du fait que l’Ile de France est encore moins autonome que la Bretagne pour ses besoins en électricité, c’est en réalité toute la France et l’Europe qui sont en quasi totale dépendance d’approvisionnements extérieurs.

    L’électricité n’est qu’une forme de l’énergie et l’essentiel des ressources nécessaires à son obtention, est d’origine extérieure à l’Europe (pétrole, gaz, uranium). Pour être totalement autonome la France devrait obtenir son électricité à partir des seules ressources renouvelables (hydrauliques, éoliennes, solaires, biomasses, etc …). L’essentiel des centrales françaises ne font que transformer en électricité ces ressources importées. Stigmatiser la Bretagne pour ne pas fournir 100% de ses besoins électriques est un mauvais procès qui lui est fait depuis qu’elle a refusé la centrale de Plogoff.

    Cela étant dit, la question se pose quand même en termes de stabilité du réseau HT et THT de transport. Il est indispensable d’implanter une source de puissance significative à l’extrémité de notre presqu’ile car la perte d’une ligne 225 ou 400 000 V en période de grand froid entrainerait ce qu’on appelle un « black out » en Bretagne. Le problème spécifique de la Bretagne est moins une question de pourcentage de production que de répartition géographique des sources d’alimentation.

    On ne serait pas capable de produire instantanément la totalité de biogaz nécessaire au fonctionnement de la future centrale envisagée à la pointe Bretagne mais un énorme potentiel existe. Il faudrait en faire l’inventaire et organiser la filière. Ceci n’empêche pas de travailler sur le gisements des économies possibles mais le mal a été fait dans les années 70-80 et il faudra de trop nombreuses années pour modifier l’isolation des bâtiments existants compte tenu des moyens limités de la majorité des propriétaires pour se lancer dans de coûteuses transformations. Cette amélioration se fera lentement, il faudra au moins une génération pour assainir la parc des logements existants.

  • anne56 dit :

    Oui, la Bretagne a énormémet de potentiel, avec l’énergie marémotrice, les éoliennes, etc. Mais de grâce, pour ces champs d’éoliennes, mettez les plus au large, qu’elles n’abiment pas quelque chose qui est mysterieux : la ligne d’horizon, vue des côtes…

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